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Coupure dans la péréquation

«Une vacherie de Harper»

Yves Chartrand
Le Journal de Montréal
Journal de Montréal
29/11/2008 07h34
Coupure dans la péréquation - «Une vacherie de Harper»

De passage à Sept-Îles, Pauline Marois a soutenu que la ministre des Finance, Monique Jérôme-Forget, ne pouvait ignorer les intentions du gouvernement fédéral de couper dans la péréquation.
© Le Journal de Montréal

Marois croit que le chef conservateur veut faire payer Charest.

CAP-AUX-MEULES | Pauline Marois est persuadée que Stephen Harper veut faire payer cher à Jean Charest d'avoir nui à sa campagne électorale, cet automne, en lui coupant le milliard de dollars en péréquation qu'il lui avait donné pour le déséquilibre fiscal.

Dans l'avion qui a conduit les journalistes de Sept-Îles à Capaux- Meules, aux Îles-de-la- Madeleine, où un rassemblement militant l'attendait, la chef du Parti québécois n'a pas fait de cachette de son opinion sur l'énoncé économique de Jim Flaherty de jeudi.

«C'est une vacherie de Stephen Harper à Jean Charest, a opiné Pauline Marois. Il veut prendre sa revanche pour tout ce que Jean Charest lui a fait subir durant la campagne fédérale.»

Plus tôt, lors d'un point de presse dans une usine de soudure de Sept-Îles, Pauline Marois est revenue sur l'énoncé budgétaire du 3 novembre de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, où elle annonçait que les transferts fédéraux diminueraient de 50 millions de dollars.

«On apprend dans l'énoncé économique de M. Flaherty que ce ne sont pas 50 millions de dollars qui seront coupés dans la péréquation, mais 20 fois plus: 1 milliard de dollars», a soutenu Pauline Marois.

Selon la chef péquiste, Monique Jérôme-Forge «ne pouvait pas être ignorante de ces coupures lorsqu'elle a déposé son énoncé le 3 novembre». Elle rappelle que la veille, soit le 2 novembre, la ministre était à Toronto où elle a rencontré son homologue fédéral avec les autres ministres des Finances des provinces.

Pour avoir été ministre des Finances, Pauline Marois dit que les hauts dirigeants du Ministère ont des contacts réguliers avec Ottawa et peuvent ainsi voir venir les coups. Mme Jérôme-Forget ne pouvait donc ignorer les intentions actuelles du gouvernement fédéral.

Ce milliard coupé par Ottawa est «une catastrophe», dit-elle.

«M. Flaherty reprend d'une main ce qu'il a consenti à M. Charest (en 2007 pour le déséquilibre fiscal).»

Cette somme a été prise par Jean Charest «pour baisser les impôts» et maintenant, «il va se retrouver avec un trou d'un milliard dans son budget».

L'énoncé budgétaire de Mme Jérôme- Forget «est un document trompe-l'oeil, qui est truffé de données erronées, modifié à des fins partisanes», dit Pauline Marois, rappelant l'enquête du Journal de Montréal qui démontrait que les 16 milliards d'investissements annoncés par le gouvernement atteignaient à peine 5,7 milliards.

Elle s'est engagée à ce que son gouvernement «fasse preuve de rigueur et de transparence». Elle veillera notamment à ce que la Caisse de dépôt dépose des bilans trimestriels, comme les banques.

ychartrand@journalmtl.com


 
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