Les trois luxueux véhicules de marque Lexus qui serviront de limousines à Jean Charest et sa femme dépassent largement les coûts admissibles étalbis en 2007 par une directive du Conseil du Trésor.
Dans un document de la Direction des acquisitions de biens et de services du gouvernement du Québec, dont le journal a obtenu copie, il est spécifié textuellement que le prix de détail des véhicules officielles pour les ministres «ne peut excéder 48500$ incluant les options». Le document intitulé «Liste des véhicules admissibles à un achat - Voitures officielles de ministres» fait suite «à la décision du Conseil du trésor du 22 mai 2007» y précise-t-on. Il vise à «permettre aux ministres d'effectuer leur choix».
Le document détaille 14 véhicules qui rencontrent les exigences du ministère de la Sécurité publique «et dont le prix de détail pour l'année 2008, est inférieur à 48500 $». Les Toyota Lexus n'y figurent pas. Rappelons que le journal avait révélé le 30 novembre dernier que le conseil exécutif avait commandé deux Lexus utilitaire sport hybride RX300H pour servir de limousine à Jean Charest. Ces luxueux véhicules se détaille autour des 60000 dollars.
Selon une porte-parole du Centre de gestion de l'équipement roulant (CGER) du ministère des Transports qui s'est porté acquéreur des Lexus, les deux limousines «sont entrés en fonction cet automne». La Sûreté du Québec, pour sa part, a fait l'acquisition d'une berline Lexus qui servira de limousine à Michèle Dionne, l'épouse du premier ministre. Selon une source qui a requis l'anonymat, il s'agît précisément d'une GS450H dont le coût d'acquisition a été de 67030$.
Véhicules entreposés
Les trois Lexus sont prêts à prendre la route depuis déjà un certain temps, nous at-on précisé, mais elles sont actuellement entreposés à la Sûreté du Québec. Aucune raison n'a été donnée pour expliquer le retard dans leur mise en service.
Jean Charest s'était défendu pour ces achats en soutenant n'avoir demandé que des véhicules hybrides pour des raisons environnementales. On ne sait pas pourquoi le choix n'a pas été une Toyota Camry Hybrid, figurant dans la liste des véhicules admissibles.
Mario Dumont et Pauline Marois avaient vu un geste «d'arrogance» dans ces achats. Le chef adéquiste avait estimé que les libéraux et leur chef étaient «des gens très sûr d'eux, au dessus de tout le monde» qui «vendent la peau de l'ours avant de l'avoir tué».
Pauline Marois avait répliqué que ces achats «contribuent au cynisme» de la population envers la politique. Elle s'était moqué du chef libéral estimant que «ils voulaient cacher (les Lexus) dans un garage jusqu'à la fin de la campagne, sans doute de la même façon qu'il nous cache les chiffres de la caisse de dépôt et de placement».