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Duceppe à la rescousse du PQ

Yves Chartrand
Le Journal de Montréal
Journal de Montréal
07/12/2008 07h32
Élections - Duceppe à la rescousse du PQ

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, est venu faire campagne aux côtés de Pauline Marois hier à Compton, en Estrie.
© Le Journal de Montréal

COMPTON | Après Pauline Marois, Gilles Duceppe a reproché lui aussi hier à Jean Charest de n'avoir rien dit sur les gains obtenus par le Bloc en échange de son appui à la coalition PLC-NPD. Comme premier ministre, dit-il, «il aurait dû se prononcer».

À deux jours du scrutin et loin derrière les libéraux dans les sondages, Pauline Marois a appelé à la rescousse hier l'homme-clé de la récente crise politique à Ottawa, celui qui fait maintenant figure de héros pour les nationalistes québécois.

D'humeur carrée, le chef du Bloc québécois n'a pas fait dans la dentelle, comme c'est son habitude. Ce qu'il a obtenu de la coalition, a-t-il rappelé, c'est «une plateforme de sortie de crise économique de 23 milliards sur deux ans. C'est majeur.»

«Je m'attendais à ce qu'un premier ministre, au-delà de toute partisanerie, dise que c'est ça qu'on doit appuyer. Or, Jean Charest est demeuré silencieux. Il était beaucoup plus volubile durant la campagne fédérale», a mordu Duceppe.

Ce dernier a rejeté du revers de la main ceux qui prétendent que les intérêts du Québec étant bien défendus à Ottawa, la nécessité d'un gouvernement du Parti québécois est moins impérieuse, ce qui laisse la porte ouverte aux libéraux de Jean Charest.

Pour Duceppe, il est clair que «la combinaison gagnante» pour le Québec, «c'est un gouvernement souverainiste qui se tient debout à Québec et une opposition souverainiste qui se tient debout à Ottawa. On est toujours mieux avec du monde debout qu'à genoux» comme Charest, juge-t-il.

Là où le chef bloquiste a montré davantage ses crocs, c'est lorsqu'il s'est fait demander par un journaliste anglophone s'il ferait du meilleur boulot que Pauline Marois à la tête du PQ. «Pauline fait du très bon boulot à Québec et j'espère que je fais du très bon boulot à Ottawa, point à la ligne», a lancé Duceppe sur un ton qui n'admettait aucune réplique.

Prise de court

Pour sa part, la chef du Parti québécois a reconnu hier que cette élection avait pris de court son organisation et que sa campagne avait débuté «lentement».

«À partir du moment où l'on ne croyait pas qu'il y aurait une élection, parce que l'on croyait que c'était irresponsable, on n'avait pas le niveau de préparation de M. Charest, a avoué Pauline Marois. Ça nous a amenés à débuter un peu plus lentement.»

Marois ne s'est pas gênée pour dire que «pendant des mois, il a dit qu'il n'y irait pas, même la semaine avant. Il nous a menti en pleine face sans arrêt.»

Malgré le coup de massue des sondages qui placent son parti 13 points derrière les libéraux, la chef péquiste a soutenu qu'«il y a encore de l'espoir».

«Je suis consciente qu'on a un gros défià relever durant les deux jours qui viennent. Mais le ciment n'est pas pris dans certains cas et je ne vais ménager aucun effort d'ici lundi soir», dit-elle comme pour se convaincre.

Aujourd'hui, Pauline Marois passe une partie de la journée dans des comtés de la Rive- Nord près de Montréal, avant de prendre la route pour La Malbaie, dans sa circonscription de Charlevoix.


 
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